Cela aurait pu suffire. Gueuler un bon coup.pousser un grand cri libératoire, Hurler a s’en rompre les cordes vocales, se délester d’un fardeau qui l’empêchait ni plus ni moins de respirer.
Comme cela aurait pu suffire.oui.
Retourner toutes les chaises, précipiter tous les objets fragiles pardessus le mobilier, balancer de la caillasse sur les carreaux, entendre l’explosion des brisures qui chutent sur le sol, crevasser le faux plafond, réduire l’espace en bouillie. Cela aurait pu être la solution.
Donner un coup de pied sec dans le mur, se briser trois orteils, s’éclater une veine, marteler son crane contre le béton jusqu’à en perdre connaissance, se relever, s’exploser contre ce même mur, s’en servir comme s’il avait été une arme, et contondante, s’en assener plusieurs blessures peu profondes et très douloureuses..un auto-passage à tabac . Elle aurait bien essayé. Rompre avec la vie pour mieux la vivre, crever pour respirer. pourquoi pas.
Mais non. cela de toute évidence , ne suffirait en rien. Une destruction frénétique, injustifiée, et qui plus est physiquement éprouvante, n’était pas la solution, aussi méthodique fut-elle.
Elle savait , qu’ intrinsèquement il lui fallait changer quelque chose, définitivement. un seul et unique petit détail, que personne ne verrait, qui bouleverserait tout , et d’une façon irréversible.
Elle n’était pas de celles qui forçaient les changements, et encore moins dans la douleur. Elle supportait encore moins qu’on vienne à le voir, qu’on s’en mêle ou qu’on tente de la freiner par quelque morale, alors elle saurait être subtile, elle saurait changer les choses sans que personne ne s’en aperçoive..elle l’a toujours fait si bien.
Il lui fallait, cette fois, d’un coup, un seul, faire reposer tous les enjeux de sa vie sur un élément, sur un infime élemenceau, puis le faire rouler au-dessus d’un précipice, lentement, et plus rien ne serait jamais tenté d’être comme avant.
Elle se doutait bien, qu’un jour, il faudrait , que pour de bon, elle saute.