C’est quand on se réveille un matin dans son lit, et qu’alors que rien ne s’y prêtait, nous vient l’envie soudaine, insaisissable d’être, aspiré, comprimé, secoué, porté, balancé et malmené dans un trou d’air géant, d’être une chose de turbulences dans une rafale ascendante, de marcher dans un nuage dense et électrique,de sentir ses poumons écrasés par la pression..
Qu’on sait que c’est l’heure.
L’heure où les premières fièvres du manque ont décidé de se manifester.
L’appel du ciel, des nuages, du bleu, du gris, du violet du bleu violet, des lumières vacillantes, des vues d’en haut
L’appel des gouvernes, des engins, des réacteurs, des moteurs
L’heure de bifurquer l’heure de se cabrer l’heure de tanguer
L’heure ou le coeur se resserre, ou le corps s’engourdit
L’heure de partir quelque part, d’atterrir quelque part,
L’heure d’ouvrir tous les hublots de resserrer toutes les ceintures de refermer tous les compartiments de bloquer toutes les portes de sécuriser toutes les zones, d’écouter rentrer les trains..
Et son coeur battre a se rompre…
L’heure de l’ascension céleste
L’heure d’être à nouveau maître a bord,
L’heure de voler…
